samedi 8 mai 2010

Même si vous ne me l'avez pas demandé! (suite et fin)

(photo Sophie P.)

Et sur ces toujours surprenants chemins de traverse où je m'attarde depuis fort longtemps maintenant, je croise parfois la beauté… Celle qui habille mon âme et déshabille mes heures bien sûr, mais aussi et surtout l'inestimable beauté de ces femmes qui m'ont toutes, à leur manière, inculqué une part d'elle-même: la beauté soumise, tout en clair obscur, de ma mère; celle lumineuse et définitive de C., celle éblouissante, contrastante, inspirante, souvent fulgurante de mes amours… Mes amours fous pour temps flous, mes amours loup pour temps zoo, mes amours doux pour temps roux et enfin, le définitif, mon amour nous pour temps "soul"!

J'y aurai aussi accordé ma respiration avec celle de ce passé que j'ai si vainement tenté d'étouffer. En apprenant la patience et la longueur du temps, puis à larguer le superflu, le futile trop souvent à l'origine d'aussi inextricables qu'inutiles conflits pour ne garder dans mes bagages que l'essentiel, et ainsi pouvoir, dans la mesure du possible, voyager léger et éveillé... À l'instar de ces minuscules éclisses de jour que je laisse parfois derrière moi à mesure que mes pas m'entraînent ailleurs!

(j'ai le vertige en pensant à tous ceux que j'ai faits depuis les tout premiers dans mes chaussures de bébé!)

vendredi 7 mai 2010

Murs mûrs...


Avec leurs fenêtres
si peu étanches
que le vent y agonise
en de funèbres soupirs
Avec leurs toits pentus
où tambourinent au pas
des armées de pluie
où se déminent à chaud
des soleils explosifs
Avec leurs cheminées
qui se consument
de trop rudes hivers
et dont les pierres
conservent les fossiles
de brûlantes attisés
Avec leurs cimetières oubliés
sous leurs combles fatigués
dont les pierres tombales
évoquent en vain le souvenir
de tout ce qu'on a voulu
mettre à l'abri de l'oubli
Avec leur air déglingué
leur bagou ravageur
et leurs fantômes rieurs
elle me plaisent bien
ces vieilles bicoques

jeudi 6 mai 2010

Notre musique




Il pleut des ivresses
sous un ciel piano
Des anges ivoires
des démons ébènes
dansent sur pointe
l'âme de la lumière
Nos mains s'allument
nos yeux s'orchestrent
nos désirs s'accordent
nos corps s'exécutent

Même si vous ne me l'avez pas demandé!


De mon enfance sans histoire, il ne me reste guère que des images en demi-teintes, crayonnées sommairement comme si elles avaient été croquées à travers un blizzard… Quelques fulgurances parfois lorsque je fore en profondeur les strates compactes et résistantes de ma mémoire…

Puis, les mots appris très tôt sous la férule d'une grand-mère attentionnée… Des mots, d'abord pour dire le monde, et qui ne me révèleront tout leur potentiel magique qu'à mesure que mon enfance perdra peu à peu le sien. Toutefois, je devinais déjà qu'il me serait désormais possible de les mettre en scène, de les diriger et qu'ainsi la vie demeurerait toujours un spectacle, même lorsqu'elle se ferait tragédie!

L'adolescence sera d'abord incendiaire. Les mots Molotov, les mots terre brûlée, les mots faucille… Une sourde révolte allumera en effet d'incessants feux où, comme plusieurs, je consumerai, sans égard, tous les hier afin d'y bâtir des lendemains plus ouverts, plus lumineux, plus amoureux… Cependant, en cours de route, beaucoup se persuaderont que tout cela pouvait si facilement s'acheter, se marchander… À partir de là, les valeurs se résumeront le plus souvent à celles qui se cotent ou se spéculent à la bourse!

Aussi, puisque l'avenir refusait d'être mon nouvel Éden, pourquoi ne pas emprunter les sentiers sinueux, étranges et prometteurs des paradis artificiels? J'y aurai trouvé le libre-arbitre, celui d'en revenir, mais aussi un goût inaltérable pour la lenteur et les beautés des chemins de traverses, les miens comme ceux des autres...



Ces quelques pas dans mes souvenirs se sont imposés en vrac, lorsque, par hasard, j'ai retrouvé, empoussiérées et jaunies, mes premières chaussures de bébé!!!

mardi 4 mai 2010

Parce que trop rarement...

Ces mots... Ces musiques...
Qui égratignent l'âme...

Parce que si souvent...

Ses mots... Sa musique... Nos silences...


Pétrole blues!


Aujourd'hui je suis…
Comme un avaleur de sabre
Qu'on gave de couleuvres
Jusqu'à ce qu'il en perde
La foi et le goût en la magie
Boulimique de vide
Anorexique du rêve

Aujourd'hui je suis...
Comme un végétarien
Rêvant d'au-delà carnassiers
Où seraient enfin déchiquetés
À grand coup d'éternité
Les semeurs de profits
Les récolteurs de morts